L’Eglise Saint Nazaire

 

L’église Saint Nazaire et Saint Celse

Dans les premiers siècles de notre ère, il n’existe à Chenôve qu’une petite chapelle dite « de la Sainte Trinité ». Au VIIè siècle, les parents de Saint Léger cèdent en héritage à leur fils, évêque d’Autun, des propriétés qu’ils possèdent à Chenôve.

Saint Léger en confie alors l’exploitation aux chanoines d’Autun, avec obligation de s’y installer, d’y construire un bâtiment (le Chapitre actuel), de faire travailler les villageois et de leur enseigner la Foi. Entre le XIIIè et la fin du XIVè siècle, une église, dont il reste la nef et le chœur actuel, remplace la chapelle, sous le vocable de « St Nazaire et St Celse ». Des pierres tombales sont intégrées dans le dallage au fil des siècles.

Au XIXè siècle, l’église est agrandie (partie haute et porche). Le curé a fait un legs pour cet agrandissement, en 1821, complété par la commune. Les travaux sont achevés en 1824.

A l’entrée de l’église sur le mur gauche, une plaque commé-morative relate cette extension : « AMG/ par la munificence de M J. F. Pathelin décédé le 24 mars 1821, curé de cette paroisse et par les soins de J. X. Vétu son successeur, de J. B. Blaiset, maire de Chenôve et de J. Derey, adjoint

Une tribune en bois est ajoutée plus tard, financée par Charles Poisot (1822-1904), un musicien habitant Chenôve, pour y installer un petit orgue.

Saint Nazaire et Saint Celse

Le nom des deux saints apparaît à Chenôve en 1546. Saint Nazaire, fils de Sainte Perpétue, vivait en Italie au premier siècle après J.C. Adulte, son périple, l’aurait conduit en Gaule, dans la région de Nice (Cimiès). Il y rencontra une dame qui lui confia son fils, Celse, pour qu’il l’éduque dans la foi chrétienne.

Il le prit avec lui, et ne se quittèrent plus. A leur retour à Milan, ils furent arrêtés, persécutés et décapités lors des premières persécutions. Plus tard, Saint Ambroise, élève de Saint Augustin, eut une révélation, et fit chercher les corps de Nazaire et Celse, dont il ordonna d’ouvrir les tombes en 395.

On retrouva alors les deux corps, la tête détachée du tronc, mais sans aucune corruption et ils firent dès lors l’objet d’un culte. On célébrait la fête de Saint Nazaire le 28 juillet, en souvenir du jour du martyre. Le culte du Saint se répandit en Italie, mais aussi en France (il devint le patron de la cathédrale d’Autun) et jusqu’à Chenôve, où la fête patronale avait lieu à la Pentecôte.

Au-dessus de l’entrée, de chaque côté du vitrail rond , on reconnaît les statues de Saint Nazaire, à gauche, le maître tenant la Bible, et, à droite, de Saint Celse.

Ils ont retrouvé leurs couleurs après la dernière restauration (2012-2013). A l’intérieur et de chaque côté de la porte , deux bénitiers en fonte (XV° siècle ; classés M.H.) sont posés, celui du nord, sur un pied sculpté et, celui du sud, sur un chapiteau de colonne renversé (qui proviendrait de la crypte romane de Saint Bénigne, à Dijon).

La nef du XIII° siècle, est de style roman bourguignon. Les deux premiers piliers, côté chœur, sont les plus beaux ; ils appartenaient à la chapelle primitive et ont été réutilisés lors de son agrandissement. Leurs chapiteaux portent des feuilles d’acanthe et des volutes nouées ou bouquet de fleurs. Les vitraux en médaillons représentent : à droite, le martyre de Saint Nazaire et Saint Celse, décapités par leur bourreau ; à gauche, Sainte Geneviève, repoussant les Huns qui envahissent Paris, Saint Léger, Évêque, avec au fond, le Chapitre et Saint Vincent, patron des vignerons.

Deux retables en bois doré du XVII° siècle ont été restaurés en 2013. Ils portent, à gauche, une vierge à l’enfant et, à droite, l’éducation de la Vierge (sculptures de l’école de Jean Dubois ; classés M.H.). Sous une fenêtre du mur nord , on voit une Vierge à l’enfant, en calcaire polychrome, du XV° siècle (classée M.H.).

Le chœur (XIV° siècle ?) annonce le gothique. Sur la voûte, peinte au XIX° siècle, on reconnaît

Les quatre évangélistes avec leurs symboles : Mathieu/l’homme, Marc/le lion, Luc/le taureau, Jean/l’aigle. Le maître autel de marbre blanc (XIX° siècle) représente, au centre le Bon Pasteur portant un agneau, et  de chaque côté, Saint Nazaire et  Saint Celse. Le vitrail situé derrière l’autel a été restauré aux couleurs symboliques de la vigne, en 1985 (peintre Jean Elvire, maître verrier Jacques Bony). Cette fenêtre avait été condamnée pendant la Révolution. A son ouverture, en 1867 par l’Abbé Batault, on y découvre une Vierge à l’enfant, en calcaire. Elle sera installée en 1869, sur le plateau de Chenôve. Sur son socle est gravé « posuerent me custodem » : ils m’ont établi la gardienne.

Sur le pilier nord près du chœur , une inscription a été mise en valeur lors de la dernière restauration. Elle se traduit ainsi : « Ici gît vénérable et discrète personne messire Pierre Tribillet de Saint Amour en Bresse jadis vicaire de céans lequel trépassa le 7ème jour de juillet 1480 et deux (1482) et donna a sa dernière volonté a la fabrique de cette église et à la réparation de celle-ci la somme de 24 fr pour une fois. Priez Dieu qu’il ait son âme, amen ». A côté , on a placé un tabernacle gothique du XV° siècle, en pierre (classé M.H.). Il se trouvait auparavant dans le chœur.

Le transept correspond probablement à la chapelle primitive ; on y trouve la chapelle de la Sainte Trinité et la chapelle Saint Claude. Dans celle-ci, les peintures représentent en médaillon les saints patrons des bienfaiteurs de la restauration de 1892 : Saint Paul et Sainte Catherine, ainsi que Saint Nicolas dans le vitrail. Lors de la restauration de 2010, un caveau a été ouvert sous le bras sud du transept, actuellement occupé par les fonts baptismaux. Une dalle donne toujours accès à ce caveau, voûté en plein cintre, de 3,40 m de long sur 2,30  de large, haut de 1,50 m au centre. Dans l’angle nord-est, les vestiges d’un cercueil en bois et un crâne dépassent d’un monticule de terre.

Le grand vitrail de la Guerre de 14-18 , offert par la famille Benoit représente leur fils tué à la guerre, couché au sol, mourant. Il se trouve face à un calvaire, réplique de celui des Valendons qui se trouvait à la limite de Chenôve et de Dijon. Ce vitrail fut installé peu après la fin de la guerre. Dans la guirlande qui entoure l’image, on voit en haut, la Légion d’honneur et sur les côtés la Croix de guerre et la médaille militaire. En bas sont inscrits tous les noms des hommes de Chenôve, victimes de cette guerre.