Cité et chapelle Sainte Thérèse
Dans les années trente, le bas de Chenôve se développe, avec l’arrivée des ouvriers du chemin de fer (ateliers de Perrigny). L’abbé Emile Sellenet, est nommé sur Chenôve, en septembre 1937, avec pour mission de faire construire une chapelle, ainsi qu’une maison qui abritera des religieuses tenant un dispensaire. Le dimanche 5 juin 1938, la première pierre est bénie par Monseigneur Guillaume-Marius Sembel, évêque de Dijon de 1937 à 1964. Les lieux ont été conçus comme une grande halle, qui faisait chapelle, côté sud, et salle de spectacle, côté nord (architectes : MM. Saulgeot et Renard). Des parois coulissantes permettaient d’y créer des petites salles qui servaient pour le catéchisme ou pour des réunions. Un préau séparait la chapelle du dispensaire, le long de la rue, encore non goudronnée. Rapidement un grand nombre d’enfants et d’adultes se retrouvent à la Cité, pour de multiples activités : catéchisme, patronage, théâtre, gymnastique, etc. Des religieuses, catéchistes auxiliaires des paroisses (CAP), prennent possession du logement la veille de l’Ascension 1939 et tiennent le dispensaire. La chapelle est inaugurée en juin 1939.
La vie de la Cité est bousculée par la seconde guerre mondiale. Ses salles sont transformées en salles de classe, pour compenser celles de l’école Paul-Bert, réquisitionnée par les allemands. Le 6 juillet 1944, un violent bombardement allié, visant les ateliers du chemin de fer, détruit un grand nombre de maisons du quartier, mais épargne la Cité. Le dispensaire sert de salle de premiers soins pour les blessés, tandis que les morts sont déposés dans la chapelle. Plus tard, les sinistrés seront temporairement relogés dans des baraquements voisins, le long de la rue Maxime Guillot.
Le 5 juin 1947, la Chapelle a l’honneur de recevoir le reliquaire de Sainte-Thérèse qui parcourt la France à l’occasion du 50ème anniversaire de la mort de la sainte. Les activités paroissiales se développent, sous l’impulsion du P. Gabriel Jacquin, curé de 1947 à 1975. En 1950-1951, le quartier se transforme en profondeur avec la construction d’un nouveau lotissement de « Castors », par des cheminots des ateliers de wagonnage de Dijon-Perrigny. La Cité n’est plus isolée au milieu des champs et des jardins et les environs s’urbanisent.
La construction de la ZUP (Zone à Urbaniser en Priorité, à partir de 1962) et la création de la zone industrielle (à partir de 1963) transforment considérablement le visage de la commune. L’arrivée d’une nouvelle population va complètement modifier le mode de vie de la paroisse. De nombreux pieds-noir, de confession juive, sont rejoints par des immigrés maghrébins, de religion musulmane. Le P. Jean Louet (ordonné diacre à Chenôve même, vicaire de 1966 à 1976) va beaucoup œuvrer dans la ZUP (Action catholique ouvrière, Confédération syndicale des familles), mais ne résidera pas à la Cité. Il va proposer l’église au cœur du monde, là où vivent les nouveaux habitants, qui ne viennent plus ou presque à la Cité. Il en ira de même du P. Pierre Mortureux, à partir de 1979. Au début des années soixante-dix, une collecte est organisée, en vue de la construction d’une nouvelle église qui se serait appelée « Notre-Dame de la Paix » et qui aurait dû être bâtie à l’emplacement de l’actuelle piscine. Mais très vite la communauté paroissiale s’est rendue compte que la nouvelle population de la ZUP était indifférente ou non-concernée et le projet a été abandonné. A côté de la Cité, le gymnase Louis Curel est inauguré en 1984. Le chœur de la chapelle est réaménagé, une sacristie est construite à la place du maître autel, masquée par un grand rideau beige. Un podium est construit pour surélever le chœur et l’autel. Les arbres ont été plantés du temps du P. Stoltz (qui élevait des poules au fond du jardin) ; les jardinières en bois, sous les fenêtres, datent du P. Ardiet. Les transformations plus récentes ont permis d’aménager de nouvelles salles (accueil, oratoire, salles de réunion) à l’emplacement de l’ancien “préau des filles”, en 2002, et de refaire l’ensemble du plafond de la chapelle (avril 1995). Un peu plus tard, le grand rideau du chœur est remplacé par une cloison peinte d’une couleur claire (juin 2010), permettant la projection de diaporamas ou l’accrochage d’accessoires en relation avec la liturgie. En 2010-11, les logements sont réaménagés pour accueillir les P. Lalire et Diyas, chacun à un étage, et en 2018, un nouvel appartement est créé, en rez-de-chaussée, pour loger un séminariste. Les 80 ans de la Cité sont fêtés en juin 2019. La même année, un campanile avec une petite cloche, vient appeler les fidèles aux célébrations. Enfin, en 2021-2022, les garages sont transformés en une vaste salle de réunion/convivialité, dotée de réserves, de toilettes et d’un office.
Église Saint Nazaire
L’église actuelle date des 13e et 14e siècles, de style roman bourguignon, mais elle remplace sans doute un édifice plus ancien, du 7e siècle, au niveau du transept. Le porche et la partie haute de l’église ont été agrandies en 1822-24. Le clocher central, haut de 30 m, abrite trois cloches plus ou moins anciennes.
A l’intérieur, un Christ en croix, en bois polychrome, domine l’autel, autour duquel on trouve deux meubles en bois doré, restaurés en 2013, qui portent des sculptures de la Vierge (17ème siècle). Dans les murs, des niches vitrées abritent d’autres sculptures : une représentation en pierre de la Sainte Trinité (15ème siècle ?) et des statues de procession : Saint Nazaire et Saint Celse et Saint Vincent, patron des vignerons. Le vitrail situé au fond derrière l’ancien autel a été restauré aux couleurs symboliques de la vigne, en 1985 (peintre Jean Elvire, maître verrier Jacques Bony). Lors de la dernière restauration, une inscription funéraire du 15ème siècle a été mise en valeur derrière l’autel. Elle jouxte un tabernacle gothique en pierre, de la même époque, encore en usage. Notons encore un grand vitrail, dit « de la Guerre de 14-18 », offert par la famille Benoit, représentant leur fils tué à la guerre, couché au sol, mourant, face à un calvaire, inspiré de celui des Valendons.
L’église, qui appartient à la commune, a été restaurée en plusieurs tranches, en 1987 (extérieurs), 1999 (clocher) et 2012 (intérieur) et accueille toujours des cérémonies et des concerts. Les chrétiens de Chenôve y sont attachés, mais, au début du 20ème siècle, elle s’avérait trop petite, vétuste, et éloignée des nouveaux quartiers. Il a été décidé de construire un nouveau lieu de culte, proche de la route de Beaune : la chapelle Sainte-Thérèse (1939), plus vaste, et accompagnée de salles et d’un logement pour les prêtres. C’est là que se sont déplacées les activités de la communauté chrétienne : catéchisme, aumônerie et réunions diverses.

